Le forum humanitaire de Ouagadougou consacre le passage de l’urgence à la résilience.
La 2e édition du forum humanitaire de l’Alliance des Etats du Sahel (AES), couplée à la réunion des ministres chargé du Genre, s’est achevée, mercredi 12 août 2026 à Ouagadougou. Placée sur le thème : « De l’urgence à la résilience », elle a débouché sur l’adoption de la Déclaration de Ouagadougou.

La capitale burkinabè a abrité, du 10 au 12 août 2026, la clôture conjointe du 2e forum humanitaire et de la 2e Réunion des ministres chargées du Genre et de la Population des pays de l’Alliance des Etats du Sahel (AES). Les participants ont réaffirmé leur volonté de bâtir une réponse humanitaire souveraine, intégrée et résolument tournée vers le développement durable. Plusieurs résolutions majeures ont été adoptées.
En matière de gouvernance et de coordination, les ministres chargées de l’Action humanitaire ont convenu de renforcer les mécanismes nationaux et régionaux de coordination humanitaire entre les trois pays. S’agissant de l’anticipation et de la prévention des crises, elles ont décidé d’investir dans les systèmes d’alerte précoce, la réduction des risques et l’adaptation au changement climatique.
Sur le volet résilience communautaire, les responsables humanitaires se sont engagés à privilégier des solutions durables et locales, plaçant les communautés au cœur des programmes. Face à la presse, la ministre de la Famille et de la Solidarité, Le Lieutenant-colonel, Passowendé Pélagie Kaboré, est revenue sur les principales résolutions adoptées. «Confrontés aux mêmes défis sécuritaires, aggravés par les effets du changement climatique, les trois pays de la Confédération ont acté un changement de cap dans leur approche humanitaire », a-t-elle déclaré. Selon elle, il ne s’agira plus seulement de répondre à l’urgence, mais de construire progressivement des politiques durables permettant aux populations de se relever et de reprendre en main leur propre développement. Pour elle, l’objectif étant d’éviter que l’aide humanitaire ne s’enferme dans une logique d’assistanat permanent.
Sur le volet genre, il a été résolu d’intégrer pleinement les femmes dans l’élaboration des politiques nationales de développement afin qu’elles participent activement à l’autonomisation économique et à la résilience de leurs communautés.
Le leadership des femmes, gage de stabilisation
De son côté, la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille du Mali, Diarra Djénéba Sanogo, a indiqué que l’ambition de l’AES n’est pas de gérer indéfiniment l’urgence, mais de bâtir un relèvement durable en reconnaissant le leadership des femmes comme une force stratégique de stabilisation. Selon elle, si l’assistance immédiate sauve des vies, seules l’autonomisation économique, l’accès à la terre, au crédit et à la justice permettent de protéger les générations futures.

«La Déclaration de Niamey, tenue le 17 juillet 2025, a formalisé notre cadre de concertation. Désormais, la feuille de route 2025- 2028 nous impose une obligation de résultats dans la lutte contre les violences basées sur le genre, l’extrémisme violent et le suivi-évaluation des interventions », a confié Diarra Djénéba Sanogo. Pour le coordonnateur humanitaire, Njoya Tikum, la communauté humanitaire s’engagera, dans le respect de la souveraineté des Etats et des principes humanitaires, à contribuer à la mise en oeuvre des recommandations adoptées. Il a aussi soutenu que cette communauté s’engage également à accompagner les mécanismes de suivi et d’évaluation qui seront établis par les Etats, dans un souci de redevabilité, et à poursuivre un dialogue régulier avec les gouvernements. Les ministres chargées de l’Action humanitaire et du Genre ont signé les deux déclarations de Ouagadougou.
Yésan Yaméogo

